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En profondeur

Journaliste:Bernard Leduc

Mise à jour le vendredi 30 janvier 2009 à 15 h 22

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L'offensive d'Israël contre la bande de Gaza, au tournant de 2008, aura été l'épisode de loin le plus meurtrier de cette guerre sans nom qui oppose l'État hébreu au Hamas, depuis le triomphe de ce mouvement islamiste aux législatives palestiniennes de 2006.

L'opération Plomb durci a laissé dans son sillage morts et ruines, ainsi qu'une accalmie trompeuse, car le cessez-le-feu ne s'est pas traduit par le silence des armes. Israël demeure sur le qui-vive, la bande de Gaza isolée du reste du monde.

Dévastation à Beit Lahya

Photo: AFP/Anja Niedringhaus

Une Palestinienne se promène dans un cimetière entouré d'immeubles détruits à Beit Lahya.

Aucun des belligérants ne se fait d'illusions: cette accalmie, ce n'est pas la paix. Dans ce conflit qui se joue entre Juifs et Palestiniens depuis l'époque lointaine de la Palestine britannique, il n'y aura eu au mieux que des trêves: trêves gagnées par Israël face aux pays arabes agissant au nom des Palestiniens; trêves arrachées par la force au premier pouvoir palestinien organisé, celui de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du défunt Yasser Arafat; trêves avec le Hamas, dernier adversaire palestinien d'Israël.

L'histoire, cependant, ne se répète pas. La montée au pouvoir du Hamas, parallèle au déclin d'une Autorité palestinienne discréditée par sa corruption et l'échec de son bras de fer avec Israël entamé avec les accords d'Oslo (1993), a semé les ferments de la division entre Palestiniens. En fait, ce sont les conséquences de l'échec d'Oslo menées à leur terme.

Ainsi, plutôt que d'exister au sein d'un État indépendant composé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, les Palestiniens se retrouvent divisés par la volonté de ces clans ennemis que sont le Fatah (la faction dominante au sein de l'OLP) et le Hamas.

Des démineurs israéliens sur les lieux de l'explosion d'une roquette du Hamas, au sud d'Israël.

Photo: AFP/Marco Longari

Des démineurs israéliens sur les lieux de l'explosion d'une roquette du Hamas, dans le sud d'Israël, début janvier 2009.

L'un, titulaire de l'Autorité palestinienne, exerce sous tutelle israélienne son autorité sur la Cisjordanie, constellée de colonies israéliennes; l'autre règne en maître sur ces quelque 360 km2 de terres que l'on nomme la bande de Gaza, coupée du monde par le blocus d'Israël.

Oui, pour la première fois de leur histoire, les Gazaouis sont gouvernés par des Palestiniens, sans compromis. Mais dans le contexte actuel du Proche-Orient, ce « sans compromis » a son prix.

L'opération Plomb durci (du 27 décembre au 17 janvier)

Au cessez-le-feu, décrété unilatéralement par Israël après 22 jours de combat- et suivi par le Hamas, plus de 1300 Palestiniens avaient été tués, dont 400 enfants. Israël déplorait la mort de 13 des siens, dont 10 soldats, certains tués par des tirs amis.

La bande de Gaza est parsemée de ruines: 4000 bâtiments détruits, 20 000 fortement endommagés, 50 000 sans-abri. Les agences d'aide internationale auront fort à faire pour relever la situation.

C'est un cessez-le-feu. La trêve reste à négocier. Des discussions sous la houlette de l'Égypte sont en cours pour donner à cette accalmie une chance de durer. Ce qu'on y demande, on l'avait déjà demandé, lors du cessez-le-feu de six mois conclu le 19 juin 2008, que la reprise des hostilités avant son terme aura fait voler en éclat.

Le Hamas veut la fin du blocus de la bande de Gaza, en vigueur depuis 2006, et la réouverture des points de passages, sans laquelle ce territoire court à l'asphyxie. Israël veut la fin des tirs de roquettes contre son territoire, motif invoqué pour le lancement de son offensive Plomb durci, et l'arrêt du trafic d'armes, alimenté par des dizaines de tunnels sous la frontière égyptienne.

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